mardi 29 janvier 2019

Vivaldi et... Yves Montand!

Aujourd’hui, je vous parle du chanteur Yves Montand, du compositeur Antonio Vivaldi et d’un truc pour épater la galerie!
Vivaldi, le Vénitien, a composé l’oeuvre les Quatre saisons : il parle donc de l’hiver. Comment un Italien, un vrai, a-t-il réussi à écrire une pièce convaincante à propos de cette saison?
En tant que Québécoise, je pense que c’est à partir de - 20 degrés Celsius (comme cette semaine), qu’on peut décemment savoir de quoi on parle!
J’exagère... car Antonio Vivaldi a vécu partout en Europe, si bien qu’il en connaissait un peu à propos du froid : l’œuvre les Quatre saisons a été imprimée une première fois à Amsterdam et ensuite créée à Paris... mais effectivement il l’a composée à Venise, au chaud!
Venise, où il a eu la vie facile! En plus du climat non-québécois, il n’a jamais cherché d’interprètes pour ses compositions. Il pouvait toujours s’appuyer sur des musiciennes exceptionnelles. En effet, cette ville comptait 4 orphelinats où les jeunes filles les plus douées recevaient une éducation musicale complète. Vivaldi travaillait à l’Ospedale della Pietá (le mot pietá qui veut dire PITIÉ et non piété) où 40 musiciennes, dont plusieurs virtuoses, donnaient un concert chaque dimanche. Elles devaient cependant rester cachées derrière un grillage parce qu’il était interdit aux femmes de performer sur scène et dans les églises. À la même époque, Jean-Sébastien Bach a eu une réprimande à Arnstadt pour avoir fait de la musique à l’église avec sa cousine Maria-Barbara.
On est loin de Madonna!
Et le lien avec Yves Montand?
Le voici.
Il se trouve que le début du 2e mouvement de L’hiver des Quatre saisons de Vivaldi, c’est exactement l’air de la chanson Une demoiselle sur une balançoire. Alors, vous avez ce qu’il vous faut pour en mettre plein la vue à tout le monde lors d’une prochaine audition de musique classique!
Allez, n’hésitez pas à vous en servir, je vous promets un « effet bœuf »!
Hum… est-ce que cette expression est encore permise depuis la publication du nouveau Guide alimentaire canadien? 😊
Bonne écoute comparative!
Yves Montand - Une demoiselle sur une balançoire

Antonio Vivaldi - Les Quatre saisons - L’hiver - 2e mouvement (3:50).

dimanche 13 janvier 2019

Piu Jesu de Lili Boulanger

Je veux tout d’abord vous souhaiter une année 2019 pleine de joie et de musique!
Pour commencer en beauté, je vous présente donc un extrait du film Love Story, où l’on n'entend pas une seule note! 😊




Voici pourquoi...
Dans les premières secondes, Jenny raconte qu’elle veut aller étudier à Paris avec Nadia Boulanger… LA VRAIE Nadia Boulanger!


Eh bien, Jenny n’était pas la seule!
Nadia Boulanger, qu’on appelait aussi Mademoiselle, fut la plus grande musicienne pédagogue du XXe siècle. Elle a eu autour de 1 200 élèves : des doués et des moins doués!


Parmi les doués : Michel Legrand, Leonard Bernstein, Quincy Jones, George Gershwin, Daniel Barenboim, Aaron Copland, Philip Glass et Astor Piazzolla!


Et Mademoiselle avait une sœur : Lili Boulanger, une compositrice de génie. Celle-ci a été la première femme à gagner le Prix de Rome et demeure l’une des plus jeunes lauréates à remporter ce prix, à l'âge de 19 ans! Ce n’était pas une débutante, ses premières œuvres ayant été écrites à 16 ans!


De la part de cette jolie jeune parisienne de bonne famille, élégante, charmante, on s’attend à tout sauf à cette musique très dense, grave et originale qu'elle a composée.


Il faut dire qu’elle a souffert toute sa vie d’une maladie de l’intestin non-diagnostiquée, qui l’a emportée en 1918 à l’âge de 24 ans seulement. Lili Boulanger a passé une partie de sa courte existence alitée, souffrante, trop faible bien souvent pour composer… ou simplement pour vivre.


Aujourd’hui, j’ai choisi pour vous le Pie Jesu, la dernière œuvre de Lili Boulanger. Je dois vous confier une chose : je l’ai entendue pour la première fois à la radio il y a au moins 30 ans et je ne l’ai jamais oubliée. C’est une musique étrange, qui ne ressemble en rien à tout ce que vous connaissez.


J’espère qu’elle vous fera le même effet qu’à moi et que si je la publie de nouveau dans 30 ans, vous vous direz : « franchement, cette blogueuse se répète… » 😉

Lili Boulanger - Pie Jesu, chœur sacré pour voix, cordes, harpe et orgue - Alain Fauqueur, soprano enfant - Jean-Jacques Grünenwald, orgue - Quatuor à cordes issu de l'Orchestre Lamoureux - Igor Markevitch, direction