dimanche 28 mai 2017

Finlandia de Jean Sibelius

Aimez-vous le compositeur Jean Sibelius?
Vous ne le connaissez peut-être pas?
Je prédis que vous allez adorer sa musique!
Et en plus, je vous explique pourquoi… 😉

Un jour qu'on interviewait le compositeur montréalais Michel Longtin, il a dit à quel point Sibelius, un “confrère” du début du 20e siècle, était de loin son préféré. On peut être étonné, Michel Longtin fait de la musique très actuelle.

Eh bien moi, je le comprends! Sibelius me fait un effet énorme et unique : c’est comme si j’étais “tombée dedans quand j’étais petite”. Tout comme plein de gens à qui j’ai fait écouter sa musique d’ailleurs. Ils ont tout de suite été extrêmement touchés… pas d’audition préparatoire pour goûter les œuvres de Sibelius. Pas besoin de se faire l’oreille, on est en contact instantanément!

Pourquoi donc cet engouement instantané pour Sibelius, un Finlandais, chez les gens autour de moi? On peut avancer toutes sortes de théories.
Alors, j’ai la mienne!

C’est parce qu’au Québec, tout comme en Finlande, on gèle en hiver! C’est une musique de paysages du peintre Jean-Paul Lemieux… Une musique du Nord qui nous va droit au cœur!

Je serais curieuse de savoir si quelqu'un qui est né et a vécu tout près de l’équateur ressent la même chose que moi? Peut-être, finalement…?

En attendant de comprendre tout ça, j'ai trouvé un enregistrement unique de Finlandia, l’œuvre la plus connue de Jean Sibelius. Cette vidéo a été tournée à l’occasion de l’inauguration d’une nouvelle salle de concert à Helsinki. Le chef dirige sans partition et les choristes, placés exceptionnellement dans la salle, chantent par coeur.

C’est de loin la version la plus émouvante que j’ai jamais entendue!

Jean Sibelius - Finlandia - op. 26




lundi 22 mai 2017

Sviatoslav Richter par Bruno Monsaingeon

Parfois, en faisant des recherches sur YouTube, il m’arrive de faire des trouvailles. Voici une de mes plus belles “prises” : un documentaire complet sur Sviatoslav Richter, le plus extraordinaire pianiste du 20e siècle… selon moi! 😉


Cet homme était une sorte d’original qui partait sans rien dire et allait donner des concerts un peu partout en URSS pour les petites gens. Autre particularité, il ne jurait que par les pianos Yamaha : pas de Steinway pour lui. C’est pourtant la marque utilisée dans toutes les salles de concert du monde!


On apprend dans ce documentaire qu’il n’a jamais fait de gammes… jamais! Quand on voit sa technique, ça remet en question la méthode d’enseignement d’un professeur de piano, ça!


Cependant, je cite régulièrement ses paroles lorsqu’un(e) élève a de la difficulté. Elles sont tirées du livre RICHTER. Écrits, conversations de Bruno Monsaingeon (le même qui a fait le documentaire) :


“Pour apprendre une oeuvre nouvelle, j’adopte une méthode purement répétitive (...). Je prends une page, la répète autant qu’il est nécessaire, et ne touche pas à la suivante tant que la première n’est pas sue. Et quand j’ai fini avec la suivante, je passe à celle d’après.”
C’est simple finalement!
Travail! Travail!Travail!
Et ça déboulonne le mythe du virtuose qui s’assoit au piano et joue magnifiquement, comme ça, spontanément!


Ce documentaire absolument exceptionnel est présenté en deux parties et les sous-titres sont hélas en anglais.


Je vous propose une Étude de Chopin dans chacune des parties. Regardez bien, écoutez bien… et il n’a JAMAIS fait de gammes…


1. Étude - op. 10 - no. 4 (19:15)





2. Étude - op. 25 - no 11 (1:09:28)



dimanche 14 mai 2017

L'oreille de ma mère !

Ma mère, née en 1921, trouvait toute la musique du 20e siècle à partir de Debussy complètement fausse!
“Comment peux-tu aimer une chose pareille?”
C’était sa phrase favorite!
Et mes fils, nés dans les années 70, commentaient ainsi la musique contemporaine (très, très contemporaine!) : 
« Si c’était dans un film, il y aurait de l’action! »
Leur oreille ne percevait pas du tout la même chose que celle de ma mère. Et il y a une explication à cela.

En musique, il s’est passé quelque chose d’étonnant. À partir du moment où le système tonal a été inventé du temps de Bach, les compositeurs se sont employés à le détruire graduellement (ça, ce n’est pas moi qui le dit). Autrement dit, ils ont tous composé “plus faux” que leurs prédécesseurs!
Ce qui fait qu’en général, les gens ont très mal réagi à la musique de leur temps. L’empereur d’Autriche trouvait que Mozart écrivait trop de notes et les contemporains de Beethoven n’ont pas du tout aimé ses derniers quatuors.

Alors, je vous propose une expérience : on va l’écouter cette musique de Beethoven, totalement fausse pour les gens de 1825! Vous m’en donnerez des nouvelles!

Ludwig van Beethoven - Grande Fugue, op. 133


Et puis, voici une oeuvre “dissonante au possible” comme disait ma mère. Je vous préviens, plus votre année de naissance se rapproche de 1921, plus vous allez trouver ça faux!
Alors,  bonne écoute pour les jeunes…
de moins de 80 ans!

Claude Debussy - La mer




lundi 8 mai 2017

Le lendemain du 11 septembre 2001...

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’entendre un air à la radio et que cette musique s’imprime en vous à jamais?
Moi, oui.
Le lendemain du 11 septembre 2001, je circulais en auto au coin des rues L’Acadie et Beaumont à Montréal. Le présentateur de la radio anglaise de Radio-Canada nous a alors proposé le 2e mouvement de la Symphonie du nouveau monde en hommage à l’Amérique blessée.


La veille, j’avais vécu cette journée minute par minute car j’enseigne le piano à la maison et ce mardi-là, j’étais libre. J’ai donc été rivée à la télévision toute la journée… incrédule...
Je me souviens particulièrement de la tête du journaliste de CNN qui commentait les événements. Il venait de s’apercevoir, en se retournant, qu’une des deux tours jumelles avait disparu.


Et ce lendemain du 11 septembre, tous les gens de la ville étaient tristes, je n’ai pas vu une seule personne sourire.
Cet animateur à la radio nous a alors offert une oeuvre d’Anton Dvorák qui correspondait parfaitement à notre état d’esprit. Si bien que je ne peux écouter cette pièce sans me rappeler ce matin de septembre et ce coin de rue à Montréal.


Et puis, ça m’a permis de vivre une chose que j’ai souvent expérimentée :
sentir que la musique console…


Anton Dvorák - Symphonie du nouveau monde - II - Largo