dimanche 15 décembre 2019

9e Symphonie de Beethoven : Ode à la liberté!

L’Ode à la joie de la 9e Symphonie de Beethoven?
Non! L’Ode à la liberté!
L’époque de Beethoven n’était pas particulièrement permissive. Vienne vivait sous le régime le plus contre-révolutionnaire d’Europe où la censure et la torture se pratiquaient régulièrement.
Beethoven, tout comme Mozart, était membre d’une société secrète : les francs-maçons. Lors des réunions, les membres chantaient La Marseillaise et reprenaient sur ce même air, les paroles du poème de Schiller : l’Ode à la joie… mais transformée en Ode à la liberté.
En effet, au lieu du mot FREUDE (joie), ils utilisaient toujours le mot FREIHEIT (liberté).
Lorsque Beethoven a composé sa 9e et dernière symphonie, il a mis en musique ce poème de Schiller et a joué de prudence en utilisant le mot le moins compromettant : d’où l’Ode à la joie.
Leonard Bernstein a retrouvé le sens premier de ce texte lors du concert de Noël qui a suivi la réunification de l’Allemagne en 1989, il y aura 30 ans dans quelques jours. Le mot FREIHEIT = liberté a repris sa place et a remplacé le mot Freude = joie.
En écoutant ce qui suit (à partir de 1:07:04), on peut entendre clairement les interprètes chanter la liberté! On peut même voir les paroles puisque cette vidéo est sous-titrée en allemand.
Les chanteuses et chanteurs sont accompagné.e.s par des membres des orchestres de l’Allemagne de l’Ouest, de l’Allemagne de l’Est, en plus des 4 pays présents à Berlin depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : la France, les États-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne.
Bernstein a ajouté un choeur d’enfants aux effectifs habituels ce qui contribue à faire de cette interprétation un événement unique, émouvant et mémorable!


dimanche 24 novembre 2019

La liste de Schindler


De la musique... QUI VA traverser le temps!
Et ce n’est pas de la « musique classique »!
Voici ma prédiction : le thème principal du film La liste de Schindler sera encore joué dans 100 ans!
Je l’affirme bien humblement! 😉
Alors pour cette présentation exceptionnelle, ma nature de professeure a pris le dessus! Je vous propose un SAVEZ-VOUS QUE qui porte justement sur La liste de Schindler.
Savez-vous que :
- L’auteur de la musique, John Williams, c’est d’abord un chef d’orchestre très connu et un excellent compositeur de musique « sérieuse »!
https://youtu.be/grSuicpzxR8


- Le réalisateur du film, Steven Spielberg, n’avait aucune idée comment tout ça allait se terminer! Cette finale lui est venue pendant le tournage!

- L’interprète principal de la bande sonore, le violoniste Itzhak Perlman, a enregistré toute la musique assis devant un petit moniteur où il visionnait des extraits du film.
Oui, Itzhak Perlman ne joue pas de violon debout car il n’a plus l’usage des ses jambes : il a eu la polio à l’âge de 4 ans. En Israël, on ne l’a pas soigné adéquatement. S’il avait habité aux États-Unis, les spécialistes américains l’auraient probablement guéri. Comme il se déplace avec des béquilles, il ne peut évidemment pas arriver sur scène en tenant son violon et son archet. Alors, il en fait un sujet de blague, et pas nécessairement la même à chaque fois!
Je vous présente donc 2 versions amusantes de cet échange archet-violon-baguette de chef d’orchestre!
Vous voulez savoir comment ça se passe?
Il vous faut absolument regarder ces 2 vidéos!
Je ne vends pas mes punchs!
Eh! Que je suis vilaine! ?😁
1. Wolfgang Amadeus Mozart - Symphonie concertante pour violon et alto K. 364

2. John Williams - La liste de Schindler

mercredi 20 novembre 2019

Citation : Mozart

Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui.
Sacha Guitry

dimanche 20 octobre 2019

Le jour où Mozart m’a fait perdre tous mes moyens!

Je suis musicienne, j'ai donc étudié la musique! Quand on étudie en musique, on fait des dictées musicales. Pour les gens qui ne savent pas : ça ressemble aux dictées de la petite école, sauf qu'au lieu d'écrire des mots, on écrit des notes.
Je devais écouter et écrire le début d’une sonate pour piano de Mozart. J'avais droit à 3 écoutes (un petit bout à la fois, quand même!)
1re écoute : incapable d’identifier une seule note! Juste : "mon Dieu que c'est beau!"
2e écoute: même chose!
3e écoute : bouleversement total et une feuille de portées complément vide!
Par chance, cette œuvre n’a pas été présentée lors d’un examen!
Pour que vous compreniez ce qui m’est arrivé, je vous ai trouvé une interprétation qui me fait exactement le même effet! Heureusement, je n’ai rien à écrire cette fois… et vous non plus!
Cette pièce est exceptionnelle et pas seulement à cause de sa beauté. Je vous explique.
Les sonates de Mozart, comme plusieurs compositions, sont constituées de 3 parties :
-un premier mouvement : rapide, pour impressionner en arrivant!
-un deuxième mouvement : plus lent, souvent mon préféré.
-un troisième mouvement : rapide, pour impressionner en finissant!
Eh bien, cette œuvre de Mozart COMMENCE par un mouvement lent : un Adagio. C’est sa seule sonate pour piano qui est construite ainsi.
Précision pour les musicien.ne.s. Oui, il y en a une autre, la sonate en do mineur K. 475. Elle débute par d’un Adagio (la Fantaisie qui lui sert d’introduction), mais ce n’est pas le premier mouvement.
Je tenais à mon exception! 😉
Comme vous le savez peut-être, je ne fais pas que présenter des exceptions (et enseigner le piano!), je donne aussi des conférences sur les compositeurs et les interprètes. Trois de mes présentations diffèrent des autres. J’y ai rassemblé un potpourri d’œuvres qui font du bien! On en a toujours besoin!
Cette pièce de Mozart s’est imposée d’elle-même lorsque j’ai eu cette idée. Elle crée une grande émotion… sereine.
Je suppose que vous désirez connaître le nom de mes conférences « qui font du bien »?
La musique qui fait du bien 1
La musique qui fait du bien 2
La musique qui fait du bien 3
Que voulez-vous, j’ai toujours été reconnue pour mon originalité!
Wolfgang Amadeus Mozart - Sonate en mi b Majeur, K. 282 - Leon Fleisher (piano)
https://www.youtube.com/watch?v=ebeNLW9quLQ

dimanche 6 octobre 2019

Jessye Norman

Cette chanteuse noire américaine est décédée il y a quelques jours… Pour honorer sa mémoire, je vous présente tout d’abord une des plus belles versions de la chanson AMAZING GRACE. Elle l’a interprétée lors d’une soirée hommage au comédien Sidney Poitier. Toute la salle pleurait, y compris le président Bill Clinton.





Mon amour pour Jessye Norman a commencé par un coup de foudre total lors du visionnement d’un concert télévisé présenté à PBS (l’équivalent américain de la chaîne ARTE). Elle m’a complètement conquise en très exactement 4 minutes 15 secondes! 
Elle avait chanté ceci :


Richard Strauss - Morgen



C’est étrange, j’ai l’impression de perdre une femme avec laquelle j’étais intimement liée. Pourtant, je ne l’avais vue qu’une seule fois en concert.
Mais sa voix! Sa présence sur scène!
Je n’ai jamais retrouvé ce que j’ai ressenti ce soir-là!
Jamais!


Richard Wagner - Tristan et Iseut



Et puis, je dois absolument vous parler d’un documentaire qui a été tourné au Maroc en 2008 par André Heller. Ce film sur Jessye Norman fut présenté au Festival International des films sur l'art de Montréal. Imaginez les images qui suivent sur un écran immense dans une toute petite salle.
L’effet était hallucinant!

Henry Purcell - Didon et Énée



J’ai trouvé pour vous une de ses dernières interviews. Elle a été enregistrée dans le cadre du TIFF (Toronto International Film Festival), en février dernier. On lui remettait alors le Prix Glenn-Gould. En visionnant ce qui suit, vous allez constater à quel point Jessye Norman était une femme absolument charmante, et très drôle!
Hélas, c’est en anglais. Mais avec mon anglais approximatif, j'ai tout compris! Ça veut dire que vous allez comprendre vous aussi! 😉


À 7:45, elle arrive en fauteuil roulant.



En terminant, je veux vous confier un secret : je mets beaucoup de temps à écrire chaque petit texte que je publie.
Aujourd’hui, j’ai fait une exception; je l'ai rédigé en quelques jours.
Il n’a peut-être pas les qualités habituelles.
Vous voulez bien me pardonner?

Il y avait urgence… 😢

dimanche 22 septembre 2019

Léonard de Vinci, le musicien!



Cet été, pour « fêter » le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, j’ai lu sa biographie. J’ai alors découvert que nous avions 2 choses en commun : il était gaucher et professeur de musique!
C’est même ce talent qui lui a permis de trouver du travail à Milan avec un des ses élèves. Il venait de quitter Florence en 1482 à l’âge de 30 ans.
À Milan, Ludovic Sforza l'a engagé comme metteur en scène ET responsable de la musique des fêtes du palais.
Pour illustrer ces 2 talents dans un même homme, je vous donne des exemples contemporains.
Léonard de Vinci, c’était une sorte de :
Robert Lepage - Félix Leclerc (exemple québécois)
ou
Patrice Chéreau - Georges Brassens (exemple français).
De plus, ses dessins d’hélicoptères, de sous-marins et ses toiles célèbres nous prouvent à quel point son génie était universel. Malheureusement pour nous, Léonard n’a pas laissé d’œuvres écrites en musique. On sait cependant qu’il improvisait magnifiquement en s’accompagnant à la LIRA DA BRACCIO (une sorte de lyre, ancêtre du violon).
Cet instrument m’a causé quelques problèmes car la lira da braccio ne court pas les rues de YouTube!
Mais… j’ai quand même réussi à vous dénicher 2 vidéos concluantes.
Dans la première, on présente et joue de cet instrument. La deuxième est très courte : une musicienne chante en s’accompagnant à la lira da braccio. J’ai choisi des œuvres contemporaines de Léonard pour que vous ayez une idée exacte de ce qu’il pouvait interpréter.
Maintenant, je dois vous avouer humblement que la lecture de cette biographie m’a donné des complexes. Hélas, je n’ai que 2 choses en commun avec Léonard de Vinci et elles sont énumérées plus haut : gauchère et professeure de musique.
La preuve.
Lorsque des gens viennent me voir pour un premier cours de piano, je dois illustrer la bonne position à l’instrument.
Pour ce faire, je « dessine un bras ».
Devant l’air ahuri provoqué par la qualité mon croquis, je me sens obligée de préciser : « ce n’est pas un cours de DESSIN, mais un cours de piano! »
Il faut croire que personne ne m'en a jamais tenu rigueur car, en général, les élèves reviennent pour un 2e cours.😉
Présentation de la lira da braccio par l’ensemble Le Miroir de la Musique.

Court chant où Gaby Bultmann joue sur une reproduction de l’instrument, tel que modifié par Léonard de Vinci.

dimanche 23 juin 2019

Franz Schubert : la 5e Symphonie

Vous voulez écrire une biographie de Franz Schubert à partir de sa correspondance?
Bonne chance!
Schubert est né à Vienne et a pratiquement passé sa vie dans cette ville, contrairement à Mozart qui a voyagé beaucoup dès son jeune âge. Conséquences de tout cela? La correspondance de Mozart fait 5 tomes et celle de Schubert, 78 pages!
Maintenant, vous voulez visiter l’endroit où a habité Franz Schubert à Vienne?
Bonne chance!
Il n’a jamais eu d’appartement à lui!
Schubert, c’était un Tanguy!
Il a demeuré très longtemps chez son père et sa belle-mère, ensuite chez des parents et amis.
C’est peut-être cette absence de responsabilités qui lui a permis de composer autant d’œuvres dans sa courte vie : plus de 960 et il est décédé à 31 ans. Je dois vous dire honnêtement qu’il a fait beaucoup de lieder (chansons), des œuvres très courtes. Mais au total, presque 1000, c’est quand même beaucoup!
Le musicologue Otto Erich Deutsch a dressé la liste chronologique des pièces de Schubert (d’où la lettre D. avant chaque nom d’œuvre). Il attribue le numéro 485 à la ravissante 5e Symphonie présentée aujourd’hui.
Alors, j’ai une question pour vous :
Quel âge avait Schubert quand il a écrit sa 485e pièce?
La réponse est dans cette vidéo :
Bon… il avait un an de plus…
J’ai triché un peu pour les besoins de ma cause!
Pour me faire pardonner cette blague très peu « musique classique », je vous ai trouvé une interprétation exceptionnelle de la 5e Symphonie par les musiciens l’Orchestre de l'âge des Lumières, sous la direction de Sir Charles Mackerras. Ils ont enregistré plusieurs Symphonies de Schubert, avec des instruments d’époque, et le résultat est toujours absolument parfait.
Cette symphonie est magnifique du début à la fin. Le premier mouvement (mon préféré!) constitue une joyeuse introduction à cette nouvelle saison qui commence!
C’est pourquoi je vous l’offre aujourd’hui et j’en profite en même temps pour vous souhaiter un été heureux, ensoleillé et… reposant!
On se retrouve en septembre!
Franz Schubert - Symphonie no. 5 - D. 485
Orchestre de l'âge des Lumières
Sir Charles Mackerras (chef)

dimanche 26 mai 2019

Charles Ives : The Unanswered Question

La musique d’un agent d’assurance utilisée pour les films « Cours, Lola, cours », « La mince ligne rouge » et plusieurs autres!
Le compositeur (et agent d’assurance!) Charles Ives était l’un des préférés de Léonard Bernstein. Tellement qu’il s’est servi du titre de l’œuvre présentée aujourd’hui pour une série de conférences : The Unanswered Question.
Et moi, j’ai découvert vraiment cette pièce lorsque j’ai lu le livre du chef de l’Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, un Américain lui aussi.
Alors…
On parle de Charles Ives, un compositeur auquel 2 chefs d’orchestre très connus vouent une admiration sans borne!
The Unanswered Question (La question sans réponse), présentée aujourd’hui, est d’une originalité sans précédent dans cette période de l’histoire de la musique américaine.
La première version de 1908 doit être jouée par des musiciens placés en coulisses (un quatuor à cordes), un quatuor de flûtes sur scène et une trompette ailleurs dans l’espace (par exemple, au premier balcon).
Ives a adapté The Unanswered Question pour un orchestre en 1935 et c’est cette version que nous entendrons.
Fait étonnant : cette pièce n’a été créée qu’en 1946, soit 38 ans après sa composition!
Pendant tout le déroulement de l’œuvre, la trompette pose plusieurs fois la question à propos de l’existence, les vents essaient vainement d’y répondre et les cordes forment une sorte de tapis statique qui représente le « silence des druides »! Et tous ces groupes d’instruments jouent à différents tempos!
Finalement, la question reste sans réponse.
Il faut dire que, comme je l’ai dit plus haut, le compositeur Charles Ives possédait une compagnie d’assurance. Vous avez déjà fait affaire avec des compagnies d’assurance?😉
Plus sérieusement maintenant, je vous propose d’écouter « The Unanswered Question » de Charles Ives : une oeuvre étrange, poignante et complètement originale… même après 111 ans!

dimanche 5 mai 2019

La Sonate en la majeur de César Franck.



Voici la promotion d’une entreprise commerciale 😉… précédée de la présentation d’une sonate, et pas n’importe laquelle!
Il y a de cela fort longtemps, du temps des enregistreurs à cassette, je copiais tout ce que je pouvais à la radio.
Ensuite, j’avais le choix entre garder tout et réécouter à souhait ou effacer en enregistrant par-dessus.
Cela m’a permis de connaître plusieurs œuvres et interprètes.
C’était génial!
La Sonate pour violon et piano en la majeur de César Franck, par Sviatoslav Richter et David Oistrakh, fut longtemps mon enregistrement pirate préféré. C’était une captation d’un concert donné à Paris en 1968.
J’ai tellement écouté cette cassette qu’elle est devenue inutilisable et j’en fus très malheureuse!
Mon fils a alors déniché un endroit en Californie où j’ai pu commander et recevoir par la poste le CD de mon enregistrement.
Et ça m’a coûté un bras!
Dernièrement, quelle ne fut pas ma stupéfaction en constatant que sur YouTube : non seulement MA sonate de Franck par Richter et Oistrakh existait… mais qu’en plus on pouvait écouter le CONCERT AU COMPLET!
Tout cela a fini de me convaincre que YouTube, c’est une mine d’or dans laquelle on peut trouver tout, vraiment tout!
ET GRATUITEMENT, contrairement à mon CD californien!
Je vous propose de faire une expérience.
Vous pensez à un ancien disque de vinyle ou un ancien CD : perdu, égaré, prêté… introuvable.
Vous faites une recherche sur YouTube.
Eh bien, dans 90 % des cas, il est là!
Ce site, c’est une vraie merveille!
Je vous présente donc aujourd’hui cet enregistrement, autrefois si rare!
- 23:34 : la Sonate pour violon et piano en la majeur de César Franck par David Oistrakh et Sviatoslav Richter.
- 39:10 : le début du 3e mouvement qui est d’une beauté sans nom.
- 43:04 : « préparez vos mouchoirs »... 

dimanche 24 mars 2019

Karajan et Kissin

Vous vous intéressez à la musique classique?
Alors vous connaissez bien le chef d’orchestre Herbert von Karajan!
Mais...
Il y a peut-être un aspect de sa personnalité que vous connaissez moins.
Un aspect qui, lorsque je l’ai découvert, m’a rendue cet homme très attachant : Karajan s’est employé tout sa vie à aider les jeunes musicien.ne.s.
Pourquoi?
Parce que dans les années 30, lorsqu’il a fait ses premiers pas comme chef d’orchestre après l’université, il s’est retrouvé complètement seul et ce fut extrêmement difficile.

Pourtant l’Allemagne de ce temps-là ne manquait pas de « coachs » potentiels. En 1933, le pays comptait cinq très grands chefs : Bruno Walter, Arturo Toscanini, Erich Kleiber, Otto Klemperer et Wilhelm Furtwängler!

Et il semble que tout ce beau monde ne partageait apparemment pas son savoir, ce qui fait que le jeune Herbert von Karajan a dû se débrouiller tout seul. En plus, comme débutant, il devait travailler dans des villes où les effectifs étaient soit élémentaires, soit totalement inexpérimentés! Il jouait alors le rôle de : chef d’orchestre, chef de choeurs et répétiteur! C’est juste s’il ne vendait pas les billets!

L’expérience a été extrêmement difficile.
Et il ne l’a jamais oubliée…

Il aurait pu en garder une hargne, une rancoeur terrible. Mais c’est le contraire qui s’est produit, Karajan s’est employé toute sa vie à aider les artistes en début de carrière.
Entre autres : le ténor Luciano Pavarotti, la violoniste Anne-Sophie Mutter et le pianiste dont je vous parle aujourd’hui : Evgeny Kissin.

Si je m’attarde à ce musicien, c’est d’abord parce que je l’aime vraiment beaucoup, et ensuite parce qu’on a une preuve sur YouTube du travail d’Herbert von Karajan avec Evgeny Kissin. Une vidéo où l’on voit la fille du chef d’orchestre décrire l’émotion de son père devant le talent du jeune pianiste. De plus, Evgeny Kissin adolescent raconte comment Karajan, déjà très âgé, a inspiré sa performance dans le concerto de Tchaïkovski.

L’enseignement a porté fruit puisque Kissin est devenu un très grand pianiste qui joue régulièrement partout dans le monde. Justement, il vient se produire à Montréal, à la Maison symphonique, le 25 mai prochain.
Bon, je ne vous cache rien, tout cela constitue une façon détournée de vous annoncer ce concert où il interprétera Chopin, Schumann, Debussy et Scriabine.

Bien sûr, je vais être là!
Mes billets sont achetés depuis un an!

Interview à propos de Karajan - Evgeny Kissin


Pyotr Ilyich Tchaïkovsky - Concerto pour piano  no  1




dimanche 10 mars 2019

Domenico Scarlatti interprété par Alexandre Tharaud

Savez-vous que Haendel, Bach et Scarlatti sont nés à 8 mois d’intervalle?
Entre février et octobre 1685 : une grande année!
Aujourd’hui, je veux vous parler du plus jeune des trois : DOMENICO SCARLATTI.

Scarlatti a écrit 555 sonates pour le clavecin, toutes plus belles les unes que les autres! Il leur a parfois donné le nom de « Essercizi per gravicembalo », ce qui équivaut exactement au « Klavierübung » de Bach, soit des exercices pour le clavier en français. On ne parle pas ici de longues sonates avec plusieurs mouvements, comme celles de Mozart ou de Beethoven. Ce sont plutôt de courtes œuvres avec tout plein de trouvailles rythmiques.
Devant le numéro de chacune des sonates vous pouvez voir un K. Et ce n’est pas le K de Köchel (comme pour Mozart), mais bien le K de Kirkpatrick. Ralph Kirkpatrick, musicologue et claveciniste américain, a établi le catalogue des œuvres de Scarlatti en 1953-54, en plus d'écrire sa biographie.

L’une de mes élèves joue dans le moment la ravissante petite sonate proposée aujourd’hui. Il y a quelques semaines, je lui ai envoyé très exactement cette vidéo YouTube pour l’aider à la mettre en place et ça a changé complètement sa façon de jouer. C’est d’ailleurs cette pratique régulière qui est à l’origine de mes publications : mes élèves reçoivent par courriel les œuvres à apprendre, interprétées par les plus grands artistes.

Parlant de grands artistes, le pianiste Alexandre Tharaud joue donc aujourd’hui pour vous (et pour mes élèves!) une des 555 sonates de Scarlatti.
555!
Pourquoi en a-t-il composé autant? On ne le sait pas!
Mais en tant que musicologue amateure, j’ai mon idée là-dessus!
Comme il écrivait « Vivi felice », « Vivez heureux » à la fin de chacune d’entre elles, je pense qu’il les a composées simplement pour le plaisir!
Comme lorsque j’écris pour vous!

Domenico Scarlatti - Sonate ré mineur K. 32 - Alexandre Tharaud (piano)

dimanche 24 février 2019

100e publication!

Vous lisez présentement ma 100e publication!
Et j’ai décidé de fêter ça en vous parlant de moi!
Vous, vous avez des noms propres : un prénom et un nom de famille, parfois deux prénoms ou deux noms de famille, etc.
Moi, j’ai un nom commun!
Je m’appelle Lise Daoust.
Et ce n’est pas toujours facile!
Le prénom « Lise » fut donné à plein de petites filles dans mon temps, si bien que nous étions toujours 5 ou 6 Lise par classe à l’école.
Et le nom de famille « Daoust » n’est pas une rareté au Québec, non plus.
Me voyez-vous venir?
J’arrive…
Lise Daoust, c’est le nom porté aussi par une flûtiste québécoise connue, excellente d’ailleurs, spécialiste en musique contemporaine. Ce qui a donné lieu à quelques « malentendus » pas toujours appréciés par mon ego!
Alors, avec l'esprit mathématique qui me caractérise, je vous ai fait une petite liste de tous ces événements : du plus prévisible au plus amusant!
1. Les courriels : j’ai retourné un nombre incalculable de courriels à l’expéditeur, en écrivant que ce n’était pas moi qui devait donner ce concert… à Gatineau, par exemple.
2. Les rencontres : une amie avec laquelle je vais au concert me présente régulièrement aux gens qu’elle connaît. Je vous résume les 2 réactions habituelles.
a) ils connaissent la flûtiste Lise Daoust : ils se tournent la tête en se préparant à la saluer, sont très déçus en me voyant et je leur dis : « non, non, non, je ne suis qu’une humble professeure de piano… »
b) ils ne la connaissent pas personnellement : même réaction, avec cette fois la joie de la voir en personne! Quand « l’humble professeure de piano » s’identifie, ils trouvent ça bien dommage de parler avec « n’importe qui »!
3. Le quiproquo : un ami de mon amie a cru pendant plus de 10 ans que la femme qu’il rencontrait dans les halls des salles de concert, c’était la flûtiste. Et nous avons parlé musique comme ça pendant plusieurs années. Le malentendu s’est dissipé il n’y a que quelques mois seulement, lors d’une activité commune!
4. Le trio : il y avait, dans la ville où j’ai grandi, une autre Lise Daoust. Une violoniste!
On aurait pu fonder un trio : flûte, violon et piano. Le trio Lise Daoust, ça sonne bien!
5. L’avantage : un jour, à la cafétéria de l’Université de Montréal, j’ai rencontré un jeune étudiant et je me suis présentée. Il m’a dit que j’étais une musicienne qu’il admirait! Une flûtiste exceptionnelle! Et savez-vous quoi? Je l’ai laissé parler pendant plusieurs minutes avant de lui dire la vérité. Ça fait toujours plaisir de recevoir des compliments!
Lise Daoust (la vraie), est présente plusieurs fois sur YouTube. Vous l’entendrez ici dans une œuvre de Denis Gougeon, un compositeur québécois que j’admire.
Vous remarquerez qu’elle produit souvent 2 notes à la fois. Tout ça avec juste une flûte. Ne me demandez pas comment elle fait : « je ne suis qu’une humble professeure de piano »! 😉
Denis Gougeon - L’oiseau blessé - Lise Daoust (flûte)
https://youtu.be/b4Hkwc4kShE

dimanche 10 février 2019

Bach par Yo-Yo Ma : un concert... amusant!!!!

Une vidéo époustouflante tournée partout dans le monde!
Un concert Bach génial et drôle!
Un seul nom : Yo-Yo Ma!
Le 7 décembre dernier, j’ai assisté à l’un des plus extraordinaires concerts de ma vie!
À cause du compositeur : Jean-Sébastien Bach, et de l’interprète : Yo-Yo Ma, l’incarnation vivante du talent et de l’humour!
Oui! De l’humour mesdames et messieurs, dans une œuvre « aride » du vieux Bach :
les Six suites pour violoncelle seul.
Deux heures et demie sans pause, avec UN seul musicien, UN seul instrument et on s’est bien amusés!
Je sens que vous ne me croyez pas!
Alors, je vous explique.
À la fin de la première des Six suites, interprétée magnifiquement par Yo-Yo Ma, nous nous sommes levés pour l’applaudir.
Il nous a fait signe : allez! allez! encore!
J’ai dit à la personne qui m’accompagnait : « on voit que c’est un Américain »…
Depuis l’élection d’un certain président, je deviens pleine de préjugés envers nos voisins du sud.
Mais je n’avais rien compris!
Après la 2e suite, il nous a encouragés à nous lever encore, non pas pour recevoir une plus longue ovation mais pour qu’on fasse de l’exercice!
Je vous jure que c’est vrai!
Et on étire les bras! Et on plie les genoux! Et on marche sur place!
Dans la joie!
Bref, on a pris soin de notre santé toute la soirée avec notre « coach personnel », violoncelliste à ses heures!
Ce n’est pas tout!
À la fin du concert (je répète : 2 heures et demie de Bach au violoncelle seul), j’avais la concentration «au bout du rouleau »...
Yo-Yo Ma nous a annoncé que les musicologues venaient de découvrir une 7e suite!
Devant notre stupéfaction, il a éclaté de rire.
Évidemment, il blaguait!
Maintenant je vous présente l’exceptionnelle vidéo d’aujourd’hui, parue sur YouTube il n’y a même pas un mois.
Yo-Yo Ma interprète justement le tout début du concert auquel j’ai assisté : le Prélude de la 1re suite pour violoncelle seul de Bach. Cette vidéo est tournée comme un vrai clip, la musique accompagnant des gens en mouvement partout dans le monde. Un vent de fraîcheur et d’optimisme!

UNE VIDÉO À VOIR ET À PARTAGER SANS FAUTE!
Et c’est rare que je donne des ordres! 😉


mardi 29 janvier 2019

Vivaldi et... Yves Montand!

Aujourd’hui, je vous parle du chanteur Yves Montand, du compositeur Antonio Vivaldi et d’un truc pour épater la galerie!
Vivaldi, le Vénitien, a composé l’oeuvre les Quatre saisons : il parle donc de l’hiver. Comment un Italien, un vrai, a-t-il réussi à écrire une pièce convaincante à propos de cette saison?
En tant que Québécoise, je pense que c’est à partir de - 20 degrés Celsius (comme cette semaine), qu’on peut décemment savoir de quoi on parle!
J’exagère... car Antonio Vivaldi a vécu partout en Europe, si bien qu’il en connaissait un peu à propos du froid : l’œuvre les Quatre saisons a été imprimée une première fois à Amsterdam et ensuite créée à Paris... mais effectivement il l’a composée à Venise, au chaud!
Venise, où il a eu la vie facile! En plus du climat non-québécois, il n’a jamais cherché d’interprètes pour ses compositions. Il pouvait toujours s’appuyer sur des musiciennes exceptionnelles. En effet, cette ville comptait 4 orphelinats où les jeunes filles les plus douées recevaient une éducation musicale complète. Vivaldi travaillait à l’Ospedale della Pietá (le mot pietá qui veut dire PITIÉ et non piété) où 40 musiciennes, dont plusieurs virtuoses, donnaient un concert chaque dimanche. Elles devaient cependant rester cachées derrière un grillage parce qu’il était interdit aux femmes de performer sur scène et dans les églises. À la même époque, Jean-Sébastien Bach a eu une réprimande à Arnstadt pour avoir fait de la musique à l’église avec sa cousine Maria-Barbara.
On est loin de Madonna!
Et le lien avec Yves Montand?
Le voici.
Il se trouve que le début du 2e mouvement de L’hiver des Quatre saisons de Vivaldi, c’est exactement l’air de la chanson Une demoiselle sur une balançoire. Alors, vous avez ce qu’il vous faut pour en mettre plein la vue à tout le monde lors d’une prochaine audition de musique classique!
Allez, n’hésitez pas à vous en servir, je vous promets un « effet bœuf »!
Hum… est-ce que cette expression est encore permise depuis la publication du nouveau Guide alimentaire canadien? 😊
Bonne écoute comparative!
Yves Montand - Une demoiselle sur une balançoire

Antonio Vivaldi - Les Quatre saisons - L’hiver - 2e mouvement (3:50).