dimanche 17 décembre 2017

Pavarotti, un concert de Noël à Montréal

C’est le temps des fêtes…
VOUS N’AIMEZ PAS LES AIRS DE NOËL?
J’ai quelque chose pour vous!
8 minutes de bonheur!
VOUS AIMEZ LES AIRS DE NOËL?
Alors, j’ai 51 minutes de pur plaisir à vous offrir!
Et tout ça dans la même vidéo de Luciano Pavarotti tournée à Montréal en 1978!
Si vous détestez Noël et tout ce qui s’y rapporte, je vous propose donc la pièce “Pietà, Signore” de Niedermeyer à 9:09 minutes. C’est ma préférée dans tout ce qui suit. Lorsque je l’ai entendue pour la première fois, j’ai eu un coup de foudre et je ne m’en suis toujours pas remise même après presque 40 ans!
Bon… Vous me connaissez…
J’exagère parfois un peu! 😉
Ce qui est vrai, c’est que je ne me lasse pas d’écouter intégralement cet enregistrement en faisant mon arbre de Noël. Vous comprenez maintenant que j’appartiens à la deuxième catégorie, celle qui ADORE la musique du temps des fêtes!
La musicienne que je suis apprécie aussi le ténor Luciano Pavarotti qui était dans une forme splendide. Il est entouré des Petits Chanteurs du Mont-Royal, du choeur des Disciples de Massenet et de Pierre Grandmaison à l’orgue. Franz-Paul Decker dirige l’orchestre.
Et puis, j’ai une affection particulière pour cette vidéo et je vous dis pourquoi. Ma mère et ma soeur assistaient à cet enregistrement dans la basilique Notre-Dame de Montréal.
Ma mère avait toujours des idées particulières face à tout. Voici un des ses commentaires qui m’a beaucoup amusée dans le temps.
“Tu sais, la femme de Pavarotti est vraiment gentille avec lui. Elle en prend soin régulièrement. Entre chacune des pièces, elle lui éponge le front et retouche son maquillage. Elle s’arrange pour qu’il paraisse bien.”
Je me souviens lui avoir répondu en riant: “Voyons donc, c’était certainement la maquilleuse attachée à la production!”
MAIS…
C’était peut-être son épouse? On ne sait jamais?
Tout est possible à Noël! 😉
Avec cette “énigme”, je termine mes publications de 2017. Alors, j’en profite pour vous souhaiter de très joyeuses fêtes!
On se retrouve en janvier!
Luciano Pavarotti - Concert de Noël - Basilique Notre-Dame de Montréal


lundi 4 décembre 2017

Notturno de Franz Schubert

Aujourd'hui, j’ai plein des questions pour vous.

Pour quelle raison les oeuvres d’art qui dégagent de la tristesse nous font-elles tellement de bien? On devrait se sentir complètement malheureux à leur contact. Et pourtant… non.


Il y a quelques années, j’ai assisté à la pièce de théâtre La Liste avec Sylvie Drapeau seule en scène. J’ai été au bord des larmes tout le temps et je suis sortie de là tellement heureuse! Pourquoi donc?


Il m’est arrivé la même chose dernièrement lors d’une visite commentée au Musée des beaux-arts de Montréal. S’il n'y avait pas eu tant de monde autour de moi lorsque j’ai vu ce portrait d’une jeune fille par Rembrandt, j’aurais pleuré toutes les larmes de mon corps. Pourquoi suis-je alors sortie toute guillerette du musée?


Étrange? Non?


Franz Schubert faisait de la musique “pas jojo”! :)
C’est ce qu’il disait lui-même (non, il n’a pas dit le mot jojo en allemand!).
On en a la preuve dans la lettre d’un de ses amis, Bauernfeld.
Alors que le jeune compositeur Dessauer demandait à Schubert s’il ne trouvait pas sa musique trop triste, celui-ci a répondu : Connaissez-vous de la musique gaie? Moi pas”.


Pourquoi la musique de Schubert, ce Notturno en particulier qui est tellement tragique, fait-elle tellement de bien?


Je n’ai pas de réponse à toutes ces questions. Je me suis contentée de vous trouver une interprétation EXCEPTIONNELLE de ce qui constituait probablement le mouvement lent d'un trio non terminé, c’est très court.


Et je vais vous confier un secret : c’est une de mes œuvres préférées de tout le répertoire que je connais!


Franz Schubert - Notturno en mi b majeur D. 897 - Trio Eggner


dimanche 19 novembre 2017

Le "Bach" de recyclage! ;)

Lorsque Jean-Sébastien Bach n’avait pas beaucoup de temps pour composer une œuvre commandée, il utilisait ses pièces déjà existantes!
Si je peux me permettre une petite blague : on aurait pu l’appeler le “Bach de recyclage”! 😉


J’ai trouvé pour vous ce matin, une illustration très convaincante de cette “activité” qu’il a pratiquée très souvent!
Le début de la cantate BWV 146 est absolument identique à celui du premier concerto pour clavier. Il a simplement remplacé le clavecin par l’orgue!


L’interprétation du concerto en ré mineur présentée ce matin a longtemps constitué pour moi un lien privilégié avec Jean-Sébastien Bach : c'était mon seul disque de ce compositeur!
Étant donné le soin particulier que j’apportais à mes affaires à l’adolescence, ce disque portait des traces de doigts, de nourriture et même un peu de gomme à mâcher! Ces vinyls furent quand même une belle invention… très résistante!


Il y a quelques mois, ICI MUSIQUE  a publié sur Facebook l'enregistrement vidéo de MON disque. Je ne savais même pas qu’il existait.
Imaginez : voir le pianiste Glenn Gould et le chef d’orchestre Leonard Bernstein travailler ensemble alors que je les ai entendus des centaines sinon des milliers de fois! Cette découverte m’a donné  une semaine de pur bonheur!
J’exagère juste un peu.


Et en préparant ma conférence sur Bach de cette semaine, je suis tombée par hasard sur cette cantate identique au concerto. J’ai tout de suite fait l’association avec mon disque. Vous me direz que je n’ai pas beaucoup de mérite… et vous aurez raison!


Parlant de mérite, il faut que je vous avoue quelque chose. Je suis entre deux conférences et je n’ai pas beaucoup de temps. Présentement, je fouille, trie et évalue des oeuvres de Mozart et Schubert en prévision de mes prochaines présentations.
Alors… mon texte sur Bach de cette semaine est tiré de ce que j’ai raconté jeudi passé!


Je me suis inspirée de Bach, j’ai fait du recyclage!


1. Jean-Sébastien Bach - Cantate BWV 146 - Sinfonia -
Hans-Christoph Rademan


2. Jean-Sébastien Bach - Concerto pour clavier no 1 en ré mineur BWV 1052 - Glenn Gould - Leonard Bernstein
18:04






mardi 14 novembre 2017

Perdre ses préjugés en écoutant une symphonie de Schubert...

Avoir des préjugés…
Je parle d’abord de vous!
Disons que vous avez des préjugés envers les musiciens classiques : “c’est une bande de désorganisés avec la tête dans les nuages”.
Eh bien...
“J’ai des p’tites nouvelles pour vous”.
Est-ce que cette expression n’est employée qu’au Québec? Si oui, il y a des gens qui viennent d’en apprendre un peu plus sur les expressions québécoises.
Je disais donc : j’ai des p’tites nouvelles pour vous!
Je m’explique.

Pour contrôler un tant soit peu un instrument, en tout cas assez pour se présenter devant un public qui connaît généralement l’oeuvre par cœur, IL FAUT PRATIQUER!
Au moins 6 heures par jour.
Et en plus, on doit être capable de très bien organiser son travail parce la pratique d’un instrument, c’est d’abord un exercice solitaire.
Alors pour la désorganisation, on repassera!

Vous aviez peut-être des préjugés sur les musiciens? Moi, j’en avais sur Franz Schubert, un compositeur que je croyais connaître “farpaitement” comme disait Obélix!
Honte à moi!

Je pensais Schubert capable d’écrire des lieder (il en a tout de même composé plus de 600!), de la musique de chambre (des trios, des quatuors, etc.), quelques messes…
Pour moi, il pouvait bien organiser et construire “des petites et des moyennes affaires!” Mais pour les symphonies, quelqu’un m’avait déjà dit qu’il n’était pas vraiment dans son élément.
Et j’avais cru ça!
Honte à moi!

Pour m’excuser, je dois dire que je n’avais jamais été touchée ou impressionnée par une de ses symphonies… avant il y a 2 semaines, à un concert. C’est souvent de cette façon que je découvre une oeuvre ou un compositeur.
La 9e Symphonie de Schubert a donné un grand coup de balai dans mes préjugés, comme je viens peut-être de changer vos idées sur les musiciens!

Cette pièce a été composée au moment où il était au sommet de son art. Cependant, il n’était pas du tout conscient de son immense talent. Les derniers mois de sa vie, il a pris des cours de composition. Imaginez! Quelqu’un a osé enseigner la composition à Franz Schubert!
En écoutant ce qui suit, vous n’en reviendrez pas!

Franz Schubert - 9e Symphonie en do majeur - D 944 -
Claudio Abbado




dimanche 5 novembre 2017

Une exception : West Side Story!

Le titre de ma page c’est : La musique qui a traversé le temps.
Ce que je vous propose aujourd’hui n’a que 60 ans!
Je dis aussi que je veux faire connaître la musique classique.
Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est un extrait de comédie musicale!
MAIS…
West Side Story va devenir un classique!
J’en suis convaincue!

Et en plus, j’ai deux excuses!
1. Cette version exceptionnelle est dirigée par le compositeur lui-même, Leonard Bernstein, qui était un chef d’orchestre très sérieux et très respecté.
2. Le morceau choisi aujourd’hui est interprété par deux chanteurs classiques : Kiri Te Kanawa et José Carreras.

Suis-je pardonnée?

Cet air que vous allez entendre (One hand, one heart) est beaucoup moins connu et spectaculaire que les autres. Mais il est tellement tendre, c’est mon préféré!

Je vous le présente dans un extrait d’un documentaire tourné lors de l’enregistrement d’un disque historique à New York : la comédie musicale West Side Story, dirigée par le compositeur avec un orchestre rassemblé par Bernstein lui-même et des interprètes choisis par lui!

C’est comme si Beethoven s’était promené dans Vienne pour recruter tous les meilleurs musiciens de la place et jouer sa 9e Symphonie!

La voix qu’on entend en plein milieu de l’enregistrement, c’est celle de Leonard Bernstein qui dit ceci (c’est un résumé et une traduction libre, je ne suis pas interprète!) :
“La dernière prise de One hand, one heart m’a complètement bouleversé. Ma fille Nina, qui assistait à l’enregistrement est venue en avant près du podium, et à la fin, elle a éclaté en sanglots.
Et la chose tellement extraordinaire à propos de cette réaction, c’est que j’ai confiance en elle. Elle n’a jamais été condescendante avec moi. On aurait pu croire que c’était de la flatterie. Non, elle ne disait que ce qu’elle ressentait.”

Et je vous mets au défi d’écouter ce qui suit sans avoir les larmes aux yeux…
Même si vous n’êtes pas de la famille! 😉


Leonard Bernstein - West Side Story - One hand, one heart - Kiri Te Kanawa, José Carreras


jeudi 2 novembre 2017

Classica : une nouvelle chaîne au Québec

Une nouvelle chaîne : CLASSICA - 722 (122)

Un message pour toutes les personnes qui sont abonnées à Videotron (service de câblodistribution au Québec) et qui aiment la musique classique!

Une nouvelle chaîne, Classica, est présentement disponible à la position 722 (ou 122). Vous y trouverez des enregistrements récents et d’autres qui sont historiques. En tout, 1500 vidéos en réserve!
Voici un extrait de la programmation pour les DEUX prochains jours seulement!

Schubert - Quintette en Do M, D.956 - Gidon Kremer et l’orchestre Kremerata Baltica.

Beethoven - 8e Symphonie - Claudio Abbado et la philarmonique de Berlin.

Tchaikovsky - 5e Symphonie - Charles Dutoit au Festival de Verbier avec l’orchestre du Festival.

Un marathon Prokofiev, un concert en mémoire de Franz Liszt, du Mendelsohn, plusieurs opéras dont Falstaff (Verdi) et Pagliacci (Leoncavallo).

Je regarde présentement Anna Netrebko à Baden Baden!

J’enregistre tout ce que je peux depuis quelques jours et je me sens comme une enfant devant son plat de bonbons ramassés il y a 2 jours à l’Halloween!

C’est gratuit jusqu’au 7 novembre et l’abonnement coûte 5$ par mois.

P.S. Cette publication n’a pas été retenue et payée par la chaîne Classica!

lundi 30 octobre 2017

Le compositeur mystère...

Paroles de professeure :“Je vous fais écouter quelque chose... Si vous me dites le nom du compositeur, je vous donne 5 dollars (3,35 euros, en date d’aujourd’hui!)”.
C’est ce que je disais à mes étudiants pour agrémenter leur cours. Ensuite, je leur faisais jouer l’oeuvre que je vous propose aujourd’hui.
Et ça ne m’a jamais coûté un sou! 😉

Vous aussi, vous pouvez essayer de deviner le nom du compositeur en ne regardant pas le titre qui est imprimé sur l’image YouTube. Ou bien vous vous amusez à poser la question à quelqu’un qui n’a pas vu la fin de mon texte.
Alors…
Qui est ce personnage mystère?
Je vous donne des indices :

1. C’est un compositeur enfant prodige admiré par Mahler, Strauss et Puccini.
2. Il a été décrit par un musicologue célèbre comme : “le tout dernier souffle de l’esprit romantique de Vienne.”
3. Il était juif et fut forcé de quitter l’Europe lors de la montée du nazisme.  
4. Il a habité à Los Angeles où il a gagné un Oscar pour sa musique du film : The Adventures of Robin Hood.
5. De retour à Vienne après la guerre, il n’a jamais pu retrouver le succès car les choses avaient trop changé pendant son absence.
6. Il est revenu en Amérique et est mort à Hollywood à l’âge de 60 ans.

LA RÉPONSE :
Erich Wolfgang Korngold

Il a été mon compositeur préféré pendant une période de ma vie et écouter cette pièce m’a ramené plusieurs années en arrière. Je me suis rappelé où j’étais et ce que je vivais à ce moment-là. C’est étrange, le pouvoir de la musique...

De plus, j’ai toujours été fascinée par la ville de Vienne au début du XXe siècle et l’oeuvre de Korngold porte en elle tout l’esprit de ce temps, une sorte d’énergie créatrice et une prémonition de ce qui allait briser ce siècle : la deuxième guerre mondiale.

L’immense talent de Korngold fut une victime collatérale de l’hitlérisme comme beaucoup d’autres artistes qui ont eu le malheur de vivre à cette époque à cet endroit même. Son exil forcé en Amérique lui a fait perdre le lien qui l’unissait à toute sa culture autrichienne.

Et il n’a plus jamais été le même...


Erich Wolfgang Korngold - Quintette avec piano - Adagio
Daniel Rowland, violon - Francesco Sica, violin - Gareth Lubbe, alto - Julian Arp,  violoncelle - Luis Magalhaes, piano


dimanche 22 octobre 2017

Pavarotti, Karajan, Verdi et l’oreille absolue!

Luciano Pavarotti a toujours dit qu’il devait tout, toute sa carrière, au chef d’orchestre Herbert von Karajan.
L’enregistrement que je vous propose aujourd’hui, c’est un témoin direct du lien qui les unissait : Pavarotti à ses débuts et Karajan au sommet de sa gloire.
Le ténor a dit aussi qu’ayant l’oreille absolue, Karajan lui demandait parfois son avis sur une interprétation.


Un petit mot sur ce qu’est l’oreille absolue.
Si vous savez tout ça, vous allez directement à ***.


L’oreille absolue : certaines personnes entendent les sons en sachant tout de suite de quelle note il s’agit. C’est une capacité assez rare... que je n’ai pas!


En tant que pianiste, je n’accorde pas mon instrument et je ne “fais” pas la note comme les violonistes par exemple. Je n’ai donc aucun contrôle sur la justesse des sons que je produis, je dois taper sur les bonnes touches.
C’est… simple! 😉
Un jour, j’ai eu la chance d’avoir un directeur de choeur qui avait l’oreille absolue. Il a apporté quelque chose de plus à la musicienne que je suis en nous faisant répéter jusqu'à ce que la note juste, très très juste, soit produite.


Pavarotti étant porteur de cette faculté magique, il pouvait être très utile à Herbert von Karajan qui ne s’en privait pas!

*** Le film qui suit a été tourné par le très grand cinéaste Henri-Georges Clouzot.
Qui dit très grand cinéaste avec très grand chef d’orchestre, dit conflits possibles! Il semble que “la collaboration” ne se soit pas faite sans heurt et Karajan n’a plus jamais travaillé avec Clouzot!


Mais…
Le résultat est absolument extraordinaire! Ce Requiem de Verdi, tourné pour la télévision allemande, est bouleversant du début à la fin! Je vous signale que nous avons le bonheur d’y entendre aussi la soprano Leontyne Price!


Herbert von Karajan avait 27 ans de plus que Luciano Pavarotti, il aurait donc pu être son père. On sent l’appui du chef pour son protégé.


Karajan dirigeait habituellement les yeux fermés (sans blague!) et en voici la preuve :


Ludwig van Beethoven - 5e Symphonie (extrait)




Oui! Les yeux fermés, sauf quand il s’agissait de chanteuses et de chanteurs. C’est très beau de le voir les suivre du regard et prononcer parfois les paroles en même temps qu’eux. Peut-être que je m’illusionne mais je le trouve particulièrement ému par la prestation de Luciano Pavarotti.


Mon Dieu que j’aurais aimé être là lors de cet enregistrement!



Giuseppe Verdi - Messa da requiem - Ingemisco - Luciano Pavarotti

lundi 16 octobre 2017

Vrai ou faux? Écouter Mozart rend les bébés plus intelligents.

FAUX!

Et j’ajouterais, ça peut les embêter royalement les pauvres petits!
Je m’explique.
Je travaille avec des enfants depuis toujours et je peux vous assurer d’une chose : ils ont des goûts très précis dès leur plus jeune âge et ils n’aiment pas nécessairement la musique de Mozart!

Ceci dit, Mozart, c’est un de mes préférés.
Je suis particulièrement touchée par le concerto que je vous présente aujourd’hui pour deux raisons.

La première, c’est que c’est une oeuvre ra-vis-san-te! Mozart l’a écrite alors qu’il était à Paris avec sa mère pendant un voyage où il devait visiter plusieurs villes pour se trouver un bon travail régulier et payant.
Il était allé sonder le terrain à plusieurs endroits susceptibles de l’engager.

Lors de son passage à Mannheim il est tombé amoureux d’une jeune chanteuse, Aloysia Weber. Il a écrit à son père qu’il voulait partir avec elle en Italie pour donner des concerts.
Son père lui a alors répondu ceci : “Pense à moi, lorsque tu m’as vu, si misérable près de la voiture au moment de votre départ (...) alors que j’étais malade (...) et cause-moi du souci si tu en as la cruauté!”

Hum… Est-ce que l’expression “chantage affectif” existait en 1778?
Mozart a immédiatement quitté Mannheim et est parti pour Paris seul avec sa mère.

La deuxième raison pour laquelle j’aime ce concerto, c’est qu’il est depuis longtemps associé au film d’Yves Robert : LES COPAINS.

Ce film, réalisé avant LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE (merci imdb.com), raconte l’histoire de 7 hommes qui s’emploient à jouer des tours pendables dans plusieurs petites villes françaises.

Presqu’à chaque fois qu’ils mangent tous ensemble, Claude Rich (tout jeune) se lève alors et dit : “Messieurs Mozart!” Il joue alors à la flûte cet air du deuxième mouvement qui est tellement charmant.

J’ai essayé de trouver une bonne copie du film pour vous en présenter un extrait, mais la seule que j’ai pu dénicher est amputée de la moitié de l’image… et il lui manque la fin! C’est dommage… mais la musique est là!
Une petite note en passant : Georges Brassens a écrit la chanson LES COPAINS D’ABORD (1:30 et 1:13:40 ) pour ce film, à la demande du réalisateur Yves Robert.

Je vous présente maintenant ce concerto pour flûte et harpe en entier. C’est un pur bonheur! Le deuxième mouvement dont j’ai parlé plus haut commence à 10:55. Je vous conseille cependant d’écouter l’oeuvre au complet. D’abord parce qu’elle est belle du début à la fin et ensuite parce qu’il paraît, selon mes sources, que la musique de Mozart…

Ça rend plus intelligent! 😉

dimanche 1 octobre 2017

De la musique de Schubert qui prédispose au sommeil...

Supposons que plein de choses vous préoccupent et vous sentez que vous allez passer la nuit à essayer de résoudre vos problèmes. Ou... vous avez fait du sport, écouté un film d’horreur, bercé un enfant qui pleure et vous pensez que votre nuit de sommeil, ce n’est pas pour tout de suite.

J’ai quelque chose pour vous!
MA MUSIQUE DU SOIR.

Depuis plusieurs années, j’ai des listes d’oeuvres dans Apple Music (pour ne pas la nommer). Une de mes listes de lecture s’appelle DORMIR.

Si vous me connaissez personnellement, vous savez que le calme n’est pas ma qualité première! Alors le soir, il faut que je passe de mon état agité “normal” à l'état…. disons... végétatif! C’est à ce moment-là que ma liste DORMIR entre en jeu!

Pour qu’un enregistrement puisse en faire partie, ça doit être un chef d’oeuvre absolu (selon moi 😉) et les interprètes doivent dégager une sorte de sérénité, de bonheur et de joie tranquille (pour moi 😉).

Je ne vous propose pas de somnifères! Juste l’audition d’un chef d’oeuvre qui a pour effet de replacer les choses en perspective… disons ça comme ça…  

Ce mouvement lent d’un trio de Schubert, interprété par le Trio Beaux Arts, est mon morceau le plus ancien à écouter le soir. Il fait office de calmant depuis des dizaines d’années! Je l’écoutais sur CD. C’est donc dire que ça fait très, très longtemps! 😊

Pourtant Schubert n’est pas réputé pour écrire des choses joyeuses! À un jeune compositeur qui lui demandait conseil : “est-ce que l’oeuvre que je viens d’écrire est trop triste?” Schubert aurait répondu : “vous connaissez de la musique gaie?”

Mais, il se dégage de CETTE interprétation quelque chose d’apaisant pour moi.

Cependant, ma recommandation vient avec un avertissement. Tous les mouvements lents et doux des oeuvres de Schubert que je connais ont une particularité, ils ont des moments plus intenses et plus forts. Alors, j’écoute “mon somnifère” avec ma télécommande dans les mains et parfois, je baisse le volume pour garder mon effet!

Je vous recommande donc  l’audition de cette pièce qui durent 9 minutes. Vous répétez jusqu'à l’obtention d’une envie de sommeil. (On dirait une prescription du médecin!) 😂

Et si ça ne marche pas?

Bien... vous aurez passé un bon moment en écoutant une oeuvre magnifique!

Franz Schubert - Trio no 1 en si bémol majeur, D. 898 -
2e mouvement.



dimanche 24 septembre 2017

Le pianiste Lang Lang dans... Beethoven!

Mon dernier texte portait sur le pianiste Lang Lang : on l’a vu expliquer une partie du fonctionnement du piano, les pédales.

Cependant, cette publication était extrêmement frustrante : présenter cet extraordinaire pianiste qui ne joue que quelques notes, je trouve que c’est du sadisme digne de Cruella dans les 101 dalmatiens!
Alors, pour me faire pardonner, voici Lang Lang qui joue VRAIMENT du piano!

Piotr Ilitch Tchaïkovsky - Concerto nº1 en si bémol mineur, op 23

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est énergique! Une interprétation comme celle-là “vend” la musique classique! Voilà qui est à mon goût!

Et permettez-moi d’ajouter une idée un peu folle. J’imagine que les performances du pianiste et compositeur Franz Liszt devaient ressembler à ça. Je peux dire ce que je veux et vous ne pouvez pas me contredire, aucun d’entre nous n’a fréquenté le XIXe siècle! 😀

Mais…
Il y a un mais…
Quand quelqu’un joue de cette façon, on se pose souvent la même question : est-ce qu’il peut faire autre chose? Est-ce que c’est un artiste capable d’intériorité?

Eh bien… J’ai trouvé une vidéo qui répond à cette question.

Le 5e concerto de Beethoven, c’est de la musique CLASSIQUE dans le sens historique du terme : la période de Mozart, Haydn et Beethoven. On parle souvent de musique classique mais savez-vous qu’en principe, ce terme ne s’emploie que pour parler de ces 3 compositeurs et leurs contemporains?

Cependant, de nos jours, on a donné le nom de musique classique à toute “la musique qui a traversé le temps”! 😉

Donc, Beethoven ne représente pas les épanchements et extériorisations de la musique romantique. Pour pouvoir l’interpréter correctement, il faut plus que de la virtuosité, il faut posséder toutes les qualités d’un vrai musicien! Lang Lang démontre ici qu’il possède tout ça!
Mais il reste un pianiste extraverti, il ne fera jamais du piano comme un moine en contemplation!

J’aime bien quand les artistes se retrouvent là où on ne les attend pas. C’est comme voir une personne que vous pensez connaître et qui vous surprend en vous montrant une part secrète d’elle-même.

Ce n’est que plus touchant...

P.S. Je vous invite à regarder l’émotion dans les yeux du pianiste et du chef.

Ludwig van Beethoven - Concerto pour piano nº 5 en mi bémol majeur, op 73 (à partir de 4:20).


dimanche 17 septembre 2017

Lang Lang : LES TROIS PÉDALES DU PIANO

Si vous êtes pianiste ou très connaissant(e) en la matière, vous allez directement à la vidéo qui explique la fonctionnalité de chacune des pédales. Ça vaut la peine d’être vu car la professeure de piano que je suis a appris quelque chose de nouveau, mais je ne vous dis pas quoi! 😉
En introduction à cette vidéo, je vous parle des pédales du piano droit et du piano à queue en ajoutant les différences énormes qu’il y a entre les deux!

1. LA PÉDALE DE DROITE
Pédale forte.

Voici comment elle fonctionne.
Lorsqu’on joue une note, le marteau va frapper sur les cordes : il y a un son. Quand on lève le doigt, il n’y a plus de son.
Pourquoi?
Parce que dès qu’une note est lâchée, il y a un petit feutre (étouffoir) qui va s’appuyer sur la corde et arrête le son net.
La pédale forte, en enlevant tous les étouffoirs sur toutes les cordes, fait que ça résonne en masse!
Pour arrêter tout ça, on n’a qu’à lâcher la pédale (lever le pied de l’accélérateur!) et les étouffoirs se précipitent sur les cordes!
Tout redevient normal.


2. LA PÉDALE DU MILIEU
2 utilités différentes selon les pianos

A) Les pianos à queue et certains pianos droits.
Cette pédale sert à garder le son d’une note ou d’un accord SEULEMENT à l’aide des étouffoirs. Dans la vidéo qui suit, on voit clairement comment elle fonctionne.

B) Les autres pianos droits.
La pédale du milieu, c’est une sourdine.
Ce qui a fait dire à une de mes petites élèves : “chez nous c’est pas pareil, on a une sardine!”
On abaisse cette pédale et on la bloque en la tassant dans un trou au bas du piano : elle reste là.
La pédale-sourdine déclenche alors un mécanisme qui descend un long “feutre” qui se positionne entre les marteaux et les notes. Ça enlève beaucoup de puissance au son et permet de pratiquer pendant que les enfants dorment… 😊


3. LA PÉDALE DE GAUCHE
Pédale douce

A) La pédale douce des pianos à queue.
Elle a un effet spectaculaire : elle tasse tout le clavier vers la droite! La première fois que j’ai joué sur un piano à queue, j’ai eu la surprise de ma vie!
Cette pédale, en déplaçant tout le mécanisme, décalent les marteaux. Ils ne frappent plus sur la totalité des cordes d’une même note (2 sur 3 en général)... donc on a moins de son.
La plupart des pianistes ne laissent pas leur pied gauche dessus et le déplacent souvent. Ce qui a fait dire à ma mère lors d’un concert : “pauvre pianiste qui a mal au pied, il est toujours en train de le bouger…” ! 😂

B) La pédale douce des pianos droits.
Elle ne fait pas du tout la même chose mais pour un même résultat. Elle rapproche les marteaux des cordes. L’élan du marteau venant de plus près, le son est plus doux.


Voici maintenant la vidéo sur les pédales d’un piano à queue avec des explications en anglais.
Notre coach c’est Lang Lang, un des pianistes les plus célèbres du monde!
Et il a pris le temps de nous expliquer tout ça.

Je n’en reviens pas encore! 😊