dimanche 22 octobre 2017

Pavarotti, Karajan, Verdi et l’oreille absolue!

Luciano Pavarotti a toujours dit qu’il devait tout, toute sa carrière, au chef d’orchestre Herbert von Karajan.
L’enregistrement que je vous propose aujourd’hui, c’est un témoin direct du lien qui les unissait : Pavarotti à ses débuts et Karajan au sommet de sa gloire.
Le ténor a dit aussi qu’ayant l’oreille absolue, Karajan lui demandait parfois son avis sur une interprétation.


Un petit mot sur ce qu’est l’oreille absolue.
Si vous savez tout ça, vous allez directement à ***.


L’oreille absolue : certaines personnes entendent les sons en sachant tout de suite de quelle note il s’agit. C’est une capacité assez rare... que je n’ai pas!


En tant que pianiste, je n’accorde pas mon instrument et je ne “fais” pas la note comme les violonistes par exemple. Je n’ai donc aucun contrôle sur la justesse des sons que je produis, je dois taper sur les bonnes touches.
C’est… simple! 😉
Un jour, j’ai eu la chance d’avoir un directeur de choeur qui avait l’oreille absolue. Il a apporté quelque chose de plus à la musicienne que je suis en nous faisant répéter jusqu'à ce que la note juste, très très juste, soit produite.


Pavarotti étant porteur de cette faculté magique, il pouvait être très utile à Herbert von Karajan qui ne s’en privait pas!

*** Le film qui suit a été tourné par le très grand cinéaste Henri-Georges Clouzot.
Qui dit très grand cinéaste avec très grand chef d’orchestre, dit conflits possibles! Il semble que “la collaboration” ne se soit pas faite sans heurt et Karajan n’a plus jamais travaillé avec Clouzot!


Mais…
Le résultat est absolument extraordinaire! Ce Requiem de Verdi, tourné pour la télévision allemande, est bouleversant du début à la fin! Je vous signale que nous avons le bonheur d’y entendre aussi la soprano Leontyne Price!


Herbert von Karajan avait 27 ans de plus que Luciano Pavarotti, il aurait donc pu être son père. On sent l’appui du chef pour son protégé.


Karajan dirigeait habituellement les yeux fermés (sans blague!) et en voici la preuve :


Ludwig van Beethoven - 5e Symphonie (extrait)




Oui! Les yeux fermés, sauf quand il s’agissait de chanteuses et de chanteurs. C’est très beau de le voir les suivre du regard et prononcer parfois les paroles en même temps qu’eux. Peut-être que je m’illusionne mais je le trouve particulièrement ému par la prestation de Luciano Pavarotti.


Mon Dieu que j’aurais aimé être là lors de cet enregistrement!



Giuseppe Verdi - Messa da requiem - Ingemisco - Luciano Pavarotti

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