dimanche 25 juin 2017

L'Orchestre symphonique de Montréal

KENT NAGANO
(Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal)
ANDREW WAN
(Premier violon du même orchestre)
Est-ce que vous voyez une similitude entre ces deux noms?
Je vous laisse 10 secondes… 😉
La réponse : tous les deux ont un prénom occidental et un nom de famille oriental. Ils sont une sorte de synthèse de deux mondes…

Ça n’est pas la seule chose qu’ils ont en commun.
Je vous explique.
Un jour, j’ai assisté à une rencontre pré-concert avec le premier violon Andrew Wan. Je lui ai alors demandé combien d’heures par semaine il pratiquait?
Sa  réponse?
Tout le temps! Il pratique tous les jours tout le temps!
Et puis dernièrement, j’ai lu le livre de Kent Nagano, Sonnez, merveilles!
Quand il parle de sa préparation avant un concert, de l’analyse fouillée de toutes les partitions… ça aussi, ça semble être tous les jours tout le temps!

Je vais vous dire une chose. Quand je vais aux concerts, je trouve que ça paraît!

Un orchestre, c’est cependant plus que deux musiciens. L’OSM (Orchestre symphonique de Montréal) a une très grande qualité, c’est un orchestre équilibré. Il n’y a pas de sections plus faibles et plusieurs de ses membres pourraient faire une carrière individuelle comme solistes ou chambristes. Ce que certains font effectivement et je les ai d'ailleurs plusieurs fois entendus avec beaucoup de plaisir!

Je vous propose aujourd’hui de visionner leur dernier concert.
Oui! Bien sûr que j’étais là!

Il y a 2 œuvres au programme, la Symphonie “Du Nouveau Monde” d’Anton Dvorák et une pièce spécialement composée pour ce concert : la Symphonie no 1 de Samy Moussa avec des projections du groupe Moment Factory.
Assez spectaculaire comme résultat!

Regardez bien et puis surtout, écoutez-les bien! Vous allez comprendre la raison pour laquelle mes achats de billets pour l’OSM dépassent largement le budget que je devrais allouer aux loisirs!

AVIS EN TERMINANT
Cette publication n’a PAS été “retenue et payée” par l’Orchestre symphonique de Montréal! 😉

Sur ce, je vous souhaite un bien bel été!
On se retrouve en septembre! 😊


(5:25) Anton Dvorák - Symphonie “Du Nouveau Monde”

(1:00:45) Montréal vue par Kent Nagano et présentation de l’oeuvre de Samy Moussa

(1:09:20) Samy Moussa - Symphonie no 1 - “Concordia”  illustrée par Moment Factory


dimanche 18 juin 2017

Trois Gymnopédies

- Ouvrez la tête
- Du bout de la pensée
- Conseillez-vous soigneusement
- Enfouissez le son

Vous ne me croirez pas mais c’est textuellement ce qui est écrit dans les partitions du compositeur Erik Satie! Et la professeure de musique que je suis doit se débrouiller pour appliquer ces consignes!

La plupart du temps, enseigner le piano, c’est relativement facile. Quand les élèves ont les mains bien placées, on suit les indications du compositeur.
- f = fort
- mf = mezzo forte = moyen
- p = piano (en italien) = doux
C’est simple!

Mais avec ceci :
- Postulez en vous-mêmes
- Sur la langue
- Comme un rossignol qui aurait mal aux dents 😀

Ça mêle un peu les cartes d’une femme consciencieuse!
On ne peut pas dire que c’est évident!
Oui! Erik Satie était un être bien étrange…

Un jour, il voulait rompre avec une femme. Ne sachant pas comment faire, il a appelé les policiers et leur a dit qu’elle le menaçait de mort. Elle fut arrêtée sur le champ! On suppose qu’elle a compris le message!

Et puis, lorsqu’il est décédé, on a trouvé dans son appartement des tonnes de lettres. La plupart n’avaient pas été ouvertes!

Un être étrange... et précurseur.
Si vous demandez à quelqu’un qui ne connaît pas sa musique d’évaluer une œuvre de Satie :
“D’après vous, ça date de quand?”
La réponse risque de ressembler à ceci :
“Les années 70, 80 ?”.
Oui! Les années 80… mais 1880 !
Une petite erreur de 100 ans!
Non seulement sa musique a “traversé le temps” mais elle n’a pas vieilli d'un iota.
Ce qui est remarquable!

Le compositeur Claude Debussy était très lié à Erik Satie et ils se sont influencés mutuellement. Hélas, un jour ils se sont fâchés et Debussy est mort sans qu’ils ne se soient réconciliés. Lorsque j’ai lu la biographie de Satie, ça m’a rendue triste...

Je présente aujourd’hui les Trois Gymnopédies d’Erik Satie orchestrées par Claude Debussy, c’est ma façon de les réunir à nouveau.

Ne leur dites surtout pas… 😉


dimanche 11 juin 2017

Lohengrin, Tosca et des incidents cocasses!

L’opéra, par définition, ce n’est pas jojo! C’est un drame où plein de gens s’entretuent et meurent de phtisie!
Mais j’adore!
Ces productions extrêmement complexes sont parfois le théâtre d’erreurs qui peuvent être très amusantes! Aujourd'hui, je vous raconte trois anecdotes qui se sont vraiment passées. Et la dernière, avec de multiples rebondissements, a été filmée!

Voici ma première histoire.
À la fin de l’opéra Lohengrin de Wagner, le chanteur qui tient le rôle-titre monte dans une nacelle tirée par un cygne et quitte la scène… en principe!
Un jour, un machiniste a fait une erreur de synchronisation : le cygne est parti SANS le chanteur. Le ténor Leo Slezak ne s’est pas laissé démonter et a fait rire toute la salle en criant : “À quelle heure le prochain cygne?”

La deuxième anecdote, c’est une vengeance!
Une soprano avait été particulièrement insupportable avec tout le personnel d’une maison d’opéra. Tous les gens qu’elle avait embêtés ont décidé de lui donner une bonne leçon. Elle chantait Tosca et au moment où son personnage se suicide en sautant dans le vide, ils ont remplacé le matelas pour amortir sa chute par...
un trampoline!

Et puis, voici mon troisième événement qui contient plusieurs “premières” et ce, avec preuve à l’appui !

Le ténor Jonas Kaufmann chante un air de Tosca où il est absolument extraordinaire. Le public du Staatsoper de Vienne lui a un jour réservé une ovation énorme (sur cette vidéo de 3:05 à 8:44). C’est à voir! Il reste en scène plus de 5 minutes, mal à l’aise,  en essayant de garder sa concentration... À la fin, il rit, il sourit et recommence l’air “E lucevan le stelle” (8:58).

Alors, même si vous n’aimez pas l’opéra, essayez un peu! Une ovation pareille et un rappel, ça veut dire quelque chose!
Quand il a terminé, en principe, la soprano qui joue Tosca (Angela Gheorghiu) monte du “sous-sol” par un escalier et lui tombe dans les bras.
Mais…
Ce soir-là... pas de Angela Gheorghiu!
Et Kaufmann se retrouve ENCORE tout seul en scène et cette fois sans Tosca et sans rien à chanter!
Il improvise alors un air en italien! : “Aaah! Non abbiamo soprano!”(Aaah! Nous n’avons pas de soprano!).
Mais…
Toujours pas de chanteuse!
Il attend………...
Là, le public s’amuse vraiment!
Il se lève alors et s’adresse aux gens en allemand : “Excusez-nous, j’espérais qu’on allait pouvoir enchaîner, mais...”
Quelqu’un lui fait signe qu’elle arrive enfin!
“Ah voilà, cette fois nous allons pouvoir continuer. Encore toutes nos excuses.”

Et tout ça a été filmé dans la même vidéo : plus de 5 minutes d’ovation, un rappel en plein milieu d’un opéra et une soprano en retard!

Giacomo Puccini - Tosca - E lucevan le stelle




dimanche 4 juin 2017

La méditation de Thaïs

Depuis 2011 à Montréal, comme vous le savez probablement, nous avons une nouvelle salle de concert : la Maison symphonique. Le violoncelliste français Gautier Capuçon a été un des premiers solistes invité à s’y produire.

Je me souviens en particulier d’un rappel qu’il a donné : la méditation de Thaïs. Il semblait avoir beaucoup de plaisir à projeter le son et à écouter le résultat. J’ai alors été tellement, tellement, tellement soulagée et je vous explique pourquoi.

Lors de la construction de la Maison symphonique, j’avais en tête une émission de télévision consacrée au désastre acoustique du Avery Fisher Hall (David Geffen Hall) situé dans le complexe Lincoln Center à New York.

Après les rénovations et “améliorations” de la salle en 1976 et 1992, les musiciens ne s’entendaient pas jouer et avaient l’impression que le son émis par leurs instruments “mourait sur la scène”. Et ça, c’est juste un des nombreux problèmes rencontrés lors de l’utilisation.

Je viens de lire un article sur le sujet et rien n’est encore réglé… un cauchemar! L’acoustique semble une science relativement inexacte.

Donc, lors de l’inauguration de la Maison symphonique, j’étais très nerveuse, c’est le moins qu’on puisse dire! Nous avions déjà la salle Wilfrid-Pelletier où j’avais “failli entendre” le baryton José van Dam et le violoniste Isaac Stern… entres autres!

Parfois, à la fin d’un concert, une partie du public se levait pour applaudir et puis l’autre se disait : si j’avais pu vraiment en profiter, moi aussi je crierais bravo. Et j’exagère à peine! À la longue, j’ai compris qu’il fallait choisir sa place : les deux tiers de la salle Wilfrid-Pelletier devaient être évités! C’est beaucoup!

Alors en 2011, lorsque j’ai entendu Gautier Capuçon jouer la méditation de Thaïs de cette façon et je l’ai vu profiter pleinement de l’acoustique de la Maison symphonique, ça a été extraordinaire! Je venais de comprendre que nous n’allions pas nous retrouver avec une autre salle Wilfrid-Pelletier ou un Avery Fisher Hall!

Je vous présente aujourd'hui Gautier Capuçon qui interprète justement cette œuvre de Massenet.

Là aussi, il ne semble pas avoir trop de problèmes avec “l’acoustique de la salle”! 😉

Jules Massenet -  La méditation de Thaïs