Depuis 2011 à Montréal, comme vous le savez probablement, nous avons une nouvelle salle de concert : la Maison symphonique. Le violoncelliste français Gautier Capuçon a été un des premiers solistes invité à s’y produire.
Je me souviens en particulier d’un rappel qu’il a donné : la méditation de Thaïs. Il semblait avoir beaucoup de plaisir à projeter le son et à écouter le résultat. J’ai alors été tellement, tellement, tellement soulagée et je vous explique pourquoi.
Lors de la construction de la Maison symphonique, j’avais en tête une émission de télévision consacrée au désastre acoustique du Avery Fisher Hall (David Geffen Hall) situé dans le complexe Lincoln Center à New York.
Après les rénovations et “améliorations” de la salle en 1976 et 1992, les musiciens ne s’entendaient pas jouer et avaient l’impression que le son émis par leurs instruments “mourait sur la scène”. Et ça, c’est juste un des nombreux problèmes rencontrés lors de l’utilisation.
Je viens de lire un article sur le sujet et rien n’est encore réglé… un cauchemar! L’acoustique semble une science relativement inexacte.
Donc, lors de l’inauguration de la Maison symphonique, j’étais très nerveuse, c’est le moins qu’on puisse dire! Nous avions déjà la salle Wilfrid-Pelletier où j’avais “failli entendre” le baryton José van Dam et le violoniste Isaac Stern… entres autres!
Parfois, à la fin d’un concert, une partie du public se levait pour applaudir et puis l’autre se disait : si j’avais pu vraiment en profiter, moi aussi je crierais bravo. Et j’exagère à peine! À la longue, j’ai compris qu’il fallait choisir sa place : les deux tiers de la salle Wilfrid-Pelletier devaient être évités! C’est beaucoup!
Alors en 2011, lorsque j’ai entendu Gautier Capuçon jouer la méditation de Thaïs de cette façon et je l’ai vu profiter pleinement de l’acoustique de la Maison symphonique, ça a été extraordinaire! Je venais de comprendre que nous n’allions pas nous retrouver avec une autre salle Wilfrid-Pelletier ou un Avery Fisher Hall!
Je vous présente aujourd'hui Gautier Capuçon qui interprète justement cette œuvre de Massenet.
Là aussi, il ne semble pas avoir trop de problèmes avec “l’acoustique de la salle”! 😉
Jules Massenet - La méditation de Thaïs
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